
Au VIème siècle, fuyant les invasions barbares, les
populations côtières se réfugient dans les
îles de la lagune. Le premier doge de Venise est élu en
697 (il aura cent dix-neuf successeurs) mais Venise reste sous la
coupe de l’empereur de Byzance. Dès le IXème
siècle, elle connaît un développement
économique remarquable grâce à son commerce
maritime avec l’orient. Avec l’arrivée des
reliques de l’Evangéliste saint Marc
dérobées à Alexandrie en 828, la ville gagne
à la fois son indépendance religieuse et son autonomie
politique. La République de Venise est née et, petit
à petit, son gouvernement deviendra oligarchique.
Jusqu’au XIVème siècle, la montée en
puissance de la cité maritime s’affirme avec notamment
la prise de Constantinople en 1204 qui provoque
l’écroulement de l’empire de Byzance et
l’accroissement des possessions vénitiennes sur les
routes du Levant. L’Adriatique et la Méditerranée
sont désormais des mers « vénitiennes ».
La Sérénissime connaît son apogée au
XVème siècle avec la conquête de ses territoires
sur la terre ferme. La stabilité de ses institutions fait
l’admiration de l’Europe entière. Elle risque
ensuite de disparaître sous les coups de la Ligue de Cambrai en
1509 mais reconquiert brillamment toutes ses possessions dix ans plus
tard. Elle adopte alors une politique de neutralité et laisse
s’épanouir la Renaissance, l’âge d’or
vénitien.
C’est ensuite un lent déclin jusqu’à
l’année 1797 où le jeune général
Bonaparte contraint le doge à démissionner, renverse la
République millénaire et la cède aux
Autrichiens. En 1806, Napoléon la reprend et se fait couronner
roi d’Italie. En 1814, retour des Autrichiens qui fondent le
royaume lombard-vénitien. Après l’échec
d’une tentative d’indépendance par Daniele Manin
en 1848, la ville est intégrée au nouveau royaume
d’Italie en 1866.
Aujourd’hui, Venise est la capitale de la
Vénétie, chef-lieu de province qui comprend environ
350.000 habitants, dont seulement 65.000 dans le Centre Historique
(qui compta jusqu’à 200 .000 habitants).